23 août 2006
Honte
J'ai honte de la France quand je vois des thoniers se transformer en pirates irresponsables . J'ai honte de Marseille quand je vois la municipalité fait des volte-face constants, pliant sous le lobby immonde des pêcheurs. Quelle est la situation ? Un navire qui demande légalement à accoster à Marseille pour régler des problèmes techniques et engager une campagne d'information (tractage, débats) sur la surpêche du thon. La mairie autorise.
Les pêcheurs se rebellent, sous des raisons fallacieuses. Face à la réalité (une disparition, à terme, du thon rouge, si on continue ce genre de pêche), les pêcheurs préfèrent esquiver le débat (" les pêcheurs illégaux on les condamne pas"), insulter (GreenpEace élevée au rang d'"intégristes"), encercler le rainbow Warrior (aaah ! faire un blocus, comme c'est intelligent !), menacer ("si GReenPeace passe, je suis capable de tout"). Et va jusqu'à enfreindre la loi.
Devant ça, comment réagit la mairie et la préfecture? Elle menace à son tour GreenPeace, et préfère les expédier au loin, ces dangereux troubles à l'ordre public. Mais que fait Gamerre, adjointe au maire de MArseille chargée des affaires maritimes et présidente de GE, si prompte à déguéner envers les écolos ? Rien.
J'ai honte.
C'est vrai que les thons, eux, ne votent pas. Et les pêcheurs, oui.
Mais si on continue comme ça, les thons, n'existeront pas. Et les pêcheurs ne pêcheront plus rien.
Dans les Pyrénnées, c'est la même chose. J'ai honte de la France. On ose à peine réintroduire des ours , c'est-à-dire faire revivre un minimum de biodiversité, que des connards se croient permis de faire n'importe quoi, manifestant dans la violence la plus primaire, allant jusqu'à poser des pièges aux ours. D'accord, dans ce cas-là, il y aurait dû y avoir consultation de la population avant d'introduire les ours. Mais quoi ? Qu'on voit la FNSEA débarquer en force dans toutes les réunions publiques et déblatérer ses âneries productivistes ? Et svp, qu'on ne me dise pas que c'est un discours de citadin écolo bobo. Il y a des ours en Italie, en Slovénie ; il y a des troupeaux en Slovénie et en Italie ; il y a des bergers en Slovénie et en Italie, et tout se passe très bien. En en faisant du tourisme Vert, nos voisins transalpins ont fait le pari de l'intelligence.
L'intelligence, une notion qui est apparemment bien etrangère à certains bergers Pyrénnéens et à certains pêcheurs Marseillais.
