Absgar le viking

Les Tribulations d'un Parisien en Suède, ERASMUS UPPSALA

04 avril 2006

Chronique de la vie quotidienne. chapitre 12. La quête du Saint Reblochon

pfff.. ce soir, c'est mon tour de préparer un repas pour le groupe. Avec Kate, Marie, Christina, Thomas et Joachim, nous nous faisons à manger, chacun son tour, pour tous. Le but étant de faire à manger pour tout le monde. Un bon prétexte pour échapper au sandwich et pâtes quotidien. Je remplacerai bientôt le "Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour" (oui, la prière Notre Père est particulièrement  répetitif) par "Donne-nous aujourd'hui notre Vasa de ce jour" ou "Donne nous aujourd'hui nos pâtes d'aujourd'hui".
Bref, je me dis "Tiens, pourquoi ne pas se faire une tartiflette. C'est bien ça, une tartiflette, ça ne  veut rien dire , c'est intraductible intraduisable impossible à traduire, et ça a un nom marrant. Comme reblochon, d'ailleurs, qu'on ne peut que prononcer bien qu'en français. Et puis surtout, c'est facile à faire. D'abord une couche de patates, puis une couche de lardons, puis une couche de reblochon, puis une couche de crème fraiche, et on recommence une ou deix fois. Devant aller en ville, je passe au Netto, je me prends des lardons, du chocolat (oui, bon, je sais, ça ne fait pas très tartiflette, mais il est pas cher au Netto..pas cher et pas bon d'ailleurs), des patates, de la crème fraiche. Finalement, la crème fraiche se fera refouler tel un Libanais (spécial Kass-dédi, manu) dans un aéroport américain., sous le fallacieux prétexte que le code barre était mauvais. En meme temps, ce n'était pas si grave. C'était que de la crème fraiche.

De retour chez moi, je suis scrupuleusement la première recette que je trouve sur Internet. Faire cuire les patates à l'anglaise. Ok, pas trop dur. Sauf que j'ai oublié d'enlever la peau pour la première fournée . Là, je me rends compte qu'il me manque de la crème fraiche et de l'oignon. Je vais en acheter en vitesse à l'iCA d'en-bas. Cette fois-ci, la crème fraîche passe. Mince, ils n'ont pas de reblochon, bof, ils devraient en avoir autre part.
Je reviens chez moi en vitesse. Je suis bon pour enlever la peau des patates quand elles sont brûlantes. Putain, ça fait vachement mal. Tiens, ça ferait une bonne épreuve pour une émission de télé-réalité de merde, ça. Et puis, j'"émince" les oignons, et je les fais "suer" (j'aime bien ces mots culinaires). J'ai plutôt l'impression que c'est moi qui me fais suer... Aaaah ! qu'est-ce que c'est que ces trucs noirs sur les oignons ?!! Aaaah ! mais c'est quoi ces poeles cradissimes !!!Bon. Leçon pour l'avenir : acheter des poeles. Demain ? pourquoi pas . ça sera drole. Demain, je suis sensé me raser. Perdre tous ses poils pour acheter des poeles..
Bref, n'ayant pas d'alternatives, je continue de frire les oignons mi noirs mi blancs. J'y ajoute les lardons. ça fait une éternité que je n'ai pas mangé de porc, et ça ne m'avait pas manqué. 
et voilà. Voyons.. une couche patates, une couche Lardons, un plat végétarien, un plat carnivore, une couche patates, une couche oignons. Aaah ! j'ai pas assez d'oignons, vite, en refaire griller en quatrième vitesse.
Il est 18h55, et mon repas doit commencer à 19h . Ah aha ah ! Pourquoi ils ont jamais d'invités qui arrivent dans 5 minutes tous ces maîtres de la télé culinaire ??   Bon, vite , enfourner  les deux plats.  ...Voilà.. c'est bon.. keep cool, antoine, c'est fini.. Enfin...  j'ai comme l'impression d'avoir oublié quelquechose .... voyons, voyons.. MERDE !!! le reblochon !! Putain, comment j'ai pu oublier l'ingrédient principal de la tartiflette !! et eux qui arrivent dans 5 minutes !!! Bon, réfléchissons .. à l'ICA , y a pas de reblochon.. le seul endroit assez proche où il doit y en avoir est le MAXI-ICA (le maxi-ICA , c'est comme le SUPER Mamouth, l'HYPERmarché, ou le AUCHAN géant.. On notera d'ailleurs qu'on ne dit pas le tout petit Ed, ou le MINI Prisunic..  ce qui veut bien dire que les capitalistes cherchent toujours plus gros.. Quand j'étais petit, je me demandais si les SUPERmarchés étaient reservés à des supergens (un peu comme Superman) et les HYPERmarchés à des Hyperhéros.. et puis, j'ai vu que ce n'était que le fait de leur taille, et que en fait Hyper, Super, Géant voulaient tous dire la même chose.. j'étais très déçu)
le MAXI-iCA , donc, qui se trouve à au moins 1/5 d'heure en vélo !! AAAAAAhh ! bon, on se dépêche. les gens , sans doute, ne remarqueront pas que je suis en retard. Ils se mettront à table, verront des plats dans le four, et se diront qu'il manque quelque chose, comme moi pour le reblochon, mais auront un temps, même infime, de réflexion. Il faut que je profite de ce temps pour aller à l'iCA et revenir. Peut-être que je peux devenir MAXi Antoine pour une fois. POurvu que ça marche..


J'enjambe ma bike (oui, j'enjambe my bike, je suis un rocker. .. et pas de remarque déplacée. J'enfourne mes plats et j'enjambe mes bikes si ça me plait d'abord.. même si ce n'est pas français). En quatrième vitesse, je file au MAXi ICA. Arrivé au MAXI ICA, je fonce au rayons fromages. J'ai l'impression d'être dans une de mes blagues pourries, ou dans une de mes anecdotes. Impression de mise en abyme surréaliste.. qui va se confirmer par la suite. Bien sûr, ils n'ont pas de reblochon.  QUoi ?? mais c'est n'importe quoi !! ils ont du Sat Agur, trois sortes de Chèvre différent, du fromage trop bizarre et meme pas de reblochon ?? Mais c'est quoi ce pays ? Bon, c'est pas grave. Garde ton calme Antoine. Regarde ce gros Brie qui te tend la main. Mais Nan, pas le Brie dans la tartiflette. C'est un sacrilège. Le Brie est francilien, la tartiflette savoyarde. ... C'est comme si on mixait du far et du patchouli. C'est tout le patrimoine géographico-culinaire qui en prend un coup. Bon, je demande à une dame du magasin. qui cherche sur son ordi (c'est quoi ce pays où on cherche le nom d'un fromage sur un ordi ? ?? Impression de surréalisme qui se renforce) reblochon ? Reblochon ? arg ! mais pourquoi ais-je choisi ce nom de fromage ? parce qu'on peut le dire qu'en français ? mais je suis totalement con ma parole!! La fille connait pas. Elle me redemande le nom. Reblochon. . reblochonne ? non .. essayez Roblochon, on sait jamais .. Non.Et rebluchon ?Et rablochon? Et robuchon ? non (pFff, ils connaissent meme pas Tom-tOm et Nana ici) .. bon, cpa grave jpren lBrie, j'aipa ltemps, j'aimatartiflettequibrulofour Ouimerci aurevoir.

Je reprends mon vélo. Comment est-ce possible ? Les suèdois ne connaissent pas le reblochon ? Mais c'est impossible ?!!! A quoi ça sert d'avoir le froid, la neige, les skis si on n'a pas de reblochon !! ça n'a pas de sens ! Et puis d'abord, pourquoi ils ont pas de fromagerie dans ce pays?? Que des marchés, hypermarchés, supermarchés..

arg.. je vais faire de la tartiflette avec du Brie. AVEC DU BRIE !! Le monde est foutu ! Que le grand cric me croque ! En même temps, je ne pense pas qu'ils sachent ce que c'est qu'une tartiflette,, Brie ou camembert ou Reblochon, ils s'en foutent pas mal dans la mesure où ils ne savent pas ce qu'est une tartiflette. Je pédale comme un malade. Du Brie !! Dans une tartiflette ! Ma vie est foutue ! Les gens me regarderont dans la rue " C'est lui qui a osé mettre du Brie dans la tartiflette" , on me refusera mon visa pour la Savoie.

Je reviens. Il est 19h25. La crème fraiche et les patates ont bien doré. Bien à point. En fait, le rendez-vous était à 19h30, et non à 19h .. Ah ah ! Je suis trop bon. Joachim me voit découpé le Brie circulaire dans le sens de l'épaisseur. ET il prend une photo. non ! ne me prends pas ! J'ai trop honte !

Finalement, c'est bon.

Pfff... ça sert à quoi, franchement, de se faire des coups de stress pour du Reblochon.. c'est pathétique. en plus, je suis sûr que je vais en faire des cauchemars bientôt.. genre "L'attaque du Reblochon géant"..

Posté par absgar à 19:22 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 avril 2006

Il dibattito Berlusconi-Prodi

il dibattito Berlusconi-Prodi questa sera

Posté par absgar à 22:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

l'écologie au PS : une vaste fumisterie

Il y a plusieurs attitudes face à l'écologie au PS. Il y a ceux qui clairement s'en foutent, ou prennent ça comme une mode qui passera. Il y en d'autres qui la comprennent mais préfèrent aller au combat contre les écologistes sur bien des sujets (Allègre et le lobby OGM, Strauss-Kahn et le lobby nucléaire), ceux qui en profitent et trouvent ça bien (Ségolène Royal, Laurent Fabius), ceux qui sont carrémennt contre et sont anti-écolo (Charasse, beaucoup de barons de provinces). Il y a ceux qui veulent bien faire quelque efforts pour adopter le logiciel écologiste (NPS, Montebourg,Utopia) mais qui resteront toujours minoritaires dans le parti. Certains sont honnêtes, d'autres hypocrites, certains font des efforts, d'autres s'en foutent. C'est aussi pour ça que l'écologie doit appartenir à un seul parti et non à tous les partis : on ne peut pas se dire écologiste au PS tant qu'il y aura des pronucléaires inconditionnels, des productivistes, des proOGM, des anti-écologistes primaires. Il en va de même à l'uMP,ou n'importe quel autre parti.

Et puis il y a ceux qui n'y comprennent rien, trop vieux ou trop cons (première gauche productiviste ou obstinés).
Ce qui se passe en ce moment dans le pays de l'Ours est assez révélateur. Vous y avez un petit baron de province socialiste, député soit dit-en passant, qui, mécontent que la ministre de l'Ecologie ait osé choisir son bout de terre pour y ré-implanter des ours  se révolte contre la ville qui a osé accepter les ours. Et pas n'importe comment. Attention, il faut y mettre les  formes. Quand on est socialiste, on ne fait pas les choses à moitié. Saccages, dégradations et j'en passe et des meilleurs. Heureusement qu'il y a aussi des gens intelligents au PS, notamment le maire de la ville(ARbas) qui s'est proposé d'acceuillir les ours. Dommage... il quitte le PS.

Décidemment, entre Frêche, Charasse, Charzat, Mélenchon, il y a quelque chose de pourri au PS...

Posté par absgar à 00:34 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 avril 2006

Le pape meurt

Je suis porteur d'un cerceuil avec trois autres dignitaires de l'Eglise. Sans aucun doute, il s'agit du pape. Je regarde autour de moi, un peu interloqué. Une personne croise mon regard hagard et, s'approchant de moi, me demande ce qu'il se passe, me demande de sourire pour les caméras. Je lui réponds que je ne connaissais pas très bien le défunt, que je ne suis pas catholique, et qu'en plus je n'adorais pas spécialement Beniot XVI (à vrai dire, j'étais plus indifférent et méfiant que vraiment adversaire du feu pape). On me répond que ce n'est pas grave. Quelque chose comme " S'il n'y avait que vous dans votre cas dans notre Eglise.." je veux protester, mais la personne est déjà loin.
Sur les marches de l'église où nous portons le cerceuil, les trois autres personnes ont lâché le fardeau et je reste tout seul, le cerceuil sur le bras. Je leur crie que ça ne sert à rien de courir pour prendre une place assise dans l'église, parce que de toute façon, si je suis seul à porter le cerceuil, le cercueil il est pas pret d'arriver dans l'église. Je crois que toute l'assemblée m'a entendu et me regarde. Aussitot une personne vient m'aider à porter le cerceuil.
Je m'assois sur un siège, côté couloir.
Du fait que les autres porteurs m'ont lâché, le cerceuil s'est un peu ouvert. on voit le visage du pape mort, ça fait mauvais effet. Mon voisin me dit qu'en fait, tout le monde le sait, ce n'est pas le pape. Le corps du pape n'est pas dans cette boite  en bois. Il me dit que pour arriver jusqu'à la fonction papale, il faut être bien malin et connaître un peu de magie. Or, Benoit XVI connait beaucoup de magie. Il est certain qu'il a la formule de la vie éternelle, et qu'il doitêtre dans son chalet en Suisse. Je rétorque que ça m' a l'air tout à fait sensé. Mais je ne comprends pas pourquoi se retirer dans un chalet en Suisse alors qu'on peut rester pape toute sa vie. On me répond que c'est comme l'ennemi éternel de  Batman, Ra's Al Gul, et que parrfois il ne parfois trop en demander. Je réponds qu'à vrai dire je m'en fous un peu, que je ne suis pas catho, que c'est lui qui a commencé à me parler.
Puis, je regarde le visage du défunt. C'est marrant, les yeux du pape semblent encore vivants. Ils sont sombres et malicieux. J'ai l'impression qu'ils s'ouvrent, tout doucement. Mais ce ne sont pas des pupilles qu'on découvre, mais un fond rouge. Rouge sang.
Je commence à flipper. Je regarde autour de moi, et tout le monde s'en fout. Il y a des chefs d'Etat, des dévôts crétins, des touristes, des journalistes. et des allumés qui me disent que le pape est en Suisse. J'ai peur.

et puis, je me réveille.

Posté par absgar à 23:24 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 avril 2006

GIPI, Notes pour une histoire de guerres

ça fait très longtemps que je n'ai pas repris ma chronique BD. Et pourtant, ce n'est pas parce que je suis en Suède que je ne lis pas de BD, au contraire. Grâce aux soins de mon Papa chéri , j'ai reçu L'affaire du voile, le dernier Pétillon, Ame Rouge le dernier Blacksad, le Petit bleu de la Côte Ouest le dernier Tardi, le premier tome d'une BD que je ne connaissais pas, les Nouveaux Tsars. Sans compter les différentes BD que j'ai lues sur Internet (le dernier ZEP est remarquable, on est loin de Titeuf, et pourtant on est toujours dans cette douce poésie ado).
Mais c'est sur Notes pour une histoire de Guerre, de GIPI, que je voudrais m'attarder maintenant.
Notes pour une histoire de guerre, c'est l'histoire de trois ados paumés dans un pays qui s'est mis en guerre du jour au lendemain. Les gens ne sont pas broyés, pas déchiquetés, ils doivent juste affronter la vie, la guerre, les paysages en ruine, les villes qui n'existent plus du jour au lendemain. Là, les plus forts et les plus malins gagnent; et puis c'est tout.
Gipi ne place pas son histoire dans un cadre spatio-temporel précis, si bien qu'on ne sait pas. Qu'on ne sait plus. Cela aurait pu être quelque part dans les Balkans, ou peut être dans un futur proche.
Le dessin de GIPI (dessinateur italien) est rapide et efficace, avec une certaine profondeur néanmoins.
Son sens de la narration est remarquable. Il mérite bien son prix du meilleur album à Angoulême, et son prix Goscinny.

Pour le reste, je suis impatient de revenir en France pour lire le dernier Combat ordinaire de Larcenet, Ce qui est précieux et les Donjons, le dernier Bernar Yslaire Le ciel au-dessus de Bruxelles, une BD sur l'enfer de l'entreprise qui s'appelle Une épaisse couche de sentiments,  le second tome de Black Op de Desberg et l'aventure québequoise de Loisel. A part ça, et toujours pour ce qui est de la BD, c'est la méchante grève à Dupuis; Marcinelle ne veut pas etre récupéré par une grosse maison d'édition et veut continuer de faire de la BD traditionelle...

Posté par absgar à 18:37 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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