16 octobre 2005
primaires italiennes
A l'heure qu'il est, les résultats des primaires italiennes sont presque sûrs. Trois données m'intéressent : le score des Verts, bien évidemment, le score de Bertinotti et des néocommunistes, le taux de participation.
Ces primaires n'étaient une suprise pour personne : elles allaient donner la victoire à PRODI, elles allaient le propulser à la tête de la gauche, lui le démocrate-chrétien de gauche sans parti puissant. Et la consécration fut au RdV pour PRODI, avec plus de 75 %, alors qu'il était crédité de 60% dans les sondages. Victoire aussi de la démocratie, car 2. 500 000 se sont déplacées aux urnes de la gauche. Victoire de la démocratie d'autant plus estimable que le soir même, un vice président de gauche est assasiné et que la démocratie a été confisquée depuis longtemps par le phénomène Berlusconi.
Je passe au score calamiteux des Verts. Je dis calamiteux parce que je juge avec mes yeux de Français, parce que j'attendais beaucoup des Verts italiens. En France, les Verts constituent peu à peu la deuxième force de la gauche, depuis les régionales. En terme de poids politique et de force militante, je pense que l'avantage est revenu au PC avec la campagne référendaire. EN Allemagne, les Verts se sont retrouvés dernier petit parti au Bundestag et ne sont plu présents dans aucun exécutif régional. En Autriche, les récentes élections régionales montrent une faible érosion des Verts. Les communistes et néo-communistes passent donc devant les Verts dan la plupart des pays européens. Ce phénomène est à analyser. Mais revenons à l'Italie. Le score calamiteux de Pescatorio ( 2%) ne lui laissera pas de marge de manoeuvre dans l'élaboration du programme de gauche. Sans doute parviendra-t'il à décrocher le maroquin de l'environnement dans un cabinet PRODI. Mais là n'est pas le but. Certes les Verts italiens font en général 2% des voix en Italie (aux dernières européennes, aux dernières législatives)et ce scrutin s'inscrit donc dans la continuité. Mais ce n'est pas bon. Certes l'écologie politique n'a pas encore fait sa niche en Europe méditerannéenne: elle peine à trouver sa place dans cette gauche morcelée et très influencée par les Néo Communistes du pRC. Certes,certes,certes....Je continue à penser que les Verts italiens et la gauche méritent plus. Je pense qu'il y a quelque chose qui ne va pas du côté des Verts, qu'il faut l'analyser et le résoudre ( Facile à dire, j'en conviens)
Le score des néocommunistes était en fait la véritable inconnue du scrutin et le véritable enjeu (après discussion avec mon voisin Francesco). Dans les sondages , BErtinotti était jusqu'à crédité de 22% !Finalement, il passe sous la barre des 20 % avec 14% des voix. Les néocommunistes ont la deuxième place et sont le principal allié. Ils auront un grand poids et une grande influence lors de l'élaboration du programme de la gauche. Bertinotti est un véritable militant et intellectuel communiste, c'est autre chose que la mère Buffet. Le parti de la Refondation Communiste a mené une campagne suractive pour ce scrutin. Leurs efforts a payé. Bien entendu, je ne le cache pas : je craignais un trop haut score des néo-communistes . Au vu des résultats, je ne suis ni mécontent ni content. Francesco me disait que Berlusconi s'est fait élire et réelire en brandissant l'épouvantail du communiste dans la population italienne. Francesco me disait que c'était ridicule mais que ça marchait . Et concluait à mi-mots ( ou c'est moi, je ne sais plus) que paradoxalement, plus le score des néocommunistes était haut, plus leur empreinte sur le programme sera importante et plus le populisme berlusconien anticommuniste pourra remarcher.
Sur PRODI enfin: il explose la baraque (la Casa) avec 75% des voix. Il confirme son rôle de sauveur de la gauche. POur beaucoup des italiens de gauche, il est et il reste celui qui a fait tomber Berlusconi quand D'Alema et Rutelli n'en ont pas été capables. J'ai bien peur qu'il faille plus que ça à PRODI pour accéder au poste de Premier ministre d'Italie.....
Quant aux déclarations de Berlusconi, elles ne font que confirmer son image de bouffon égocentrique et irresponsable.
Sur le modèle des primaires : 1)il est évident que ce ne sont pas exactement le même sytème que les Américaines. On ne peut pas copier ainsi un autre système, sans avoir le même système électoral, la même tradition politique, la même classe politique,etc,etc...
2) NEANMOINS ( j'espère que vous avez vu la marque Sciences PO : plan en deux parties, transition,etc,etc..) cet essai est assez intéressant. Il n'est pas question de le transposer en France pour l'instant mais il n'est pas interdit que l'idée fasse son chemin : pas forcément sur la candidature à la présidentielle, mais sur des candidatures locales ou sur des thèmes qui divisent la gauche ( OGM, EDF et nucléaire, 6è République, mariage gay, logement)....
